Chine, etc……

img_4510Hier soir sur facebook j’ai eu une crisette…..

La vente d’oeuvre d’art est difficile depuis longtemps, il est facile de comprendre que la priorité n’est pas l’art.  Cela a toujours été un luxe, un privilège et avant d’acquérir une oeuvre bien des factures doivent être payées.

Je ne sortirai pas l’orchestre symphonique avec ses violons pour vous dire à quel point les artistes en arrachent.  Un des métiers où  il faut payer pour travailler.

Il y a des millions de peintres dont une grande partie ont un talent exceptionnel j’accepte ce genre de compétition, c’est loyal et honnête.  Je sais aussi que l’artiste a le plaisir de créer et que la satisfaction personnelle qu’y en découle est immense.

Ceci dit, ce que je n’arrive pas à avaler c’est la production  industrielle de toiles peintes à la main offertes sur le marché par nos amis de la Chine.  Les prix sont ridiculement bas et aucun artiste ne peut produire une oeuvre de qualité à ce prix.

Certe il y a un monde de différence entre une oeuvre originale et unique vs une toile même si peinte à la main en millions d’exemplaires faites à la chaîne.

Quand la Chine est débarquée sur le marché international, beaucoup étaient heureux de pouvoir acheter plein de truc pas cher chez dollorama, moi incluse…..et ce n’est qu’avec les années que nous avons vu les conséquences.  Nos industries canadiennes en ont pris un coup, des emplois de perdus, des revenus en taxes perdus, des exportations perdues, enfin bref bien des pertes à tous les niveaux.  Ce que nous avons surtout perdu est la qualité et la fierté d’avoir en main quelque chose qui a été fait ici.

Maintenant c’est le domaine des arts visuels qui en prend un coup.  Des millions de toiles inondent le marché,  des catalogues de photos sont utilisés, vous cliquez sur un piton et bam vous recevrez par la poste une toile.

Tout au long du texte j’ai utilisé deux mots, oeuvre et toile.  Je fais la distinction entre les deux.  L’oeuvre se veut originale et unique peinte avec le soucis d’offrir quelque chose de précieux, la création, la passion, les émotions de l’artiste.  Une toile est un objet peint par automatisme sans création, passion ou émotion, un simple objet de basse qualité.

Bon…..je n’arriverai pas à changer le monde, un coup de gueule futile en soit.  J’ai dit ce que j’en pensais, je me suis défoulée, maintenant je retourne à mes pinceaux et j’espère que quelqu’un quelque part fait la distinction entre une oeuvre et une toile.

 

 

 

 

Travail en cours

img_0817L’encaustique requiert plusieurs étapes et chacune d’entre elles sont à la merci de la flamme.  Facile de perdre le contrôle et c’est ce que j’aime…..l’incertitude du rendu.  Obligée de lacher prise.

Applications de cire neutre et colorée, fondre, fusionner, refroidir, réchauffer, gratter, excaver, remplir, niveller.  Une multitude d’étapes qui se font à des températures différentes et des outils différents.

Plaque chauffante pour fondre doucement le médium et réchauffer les pinceaux,  elle sert de palette aussi car tout se passe à 185F sur celle-ci et les yeux qui vérifient constament le thermomètre.

Fusil à chaud pour réchauffer le support, chalumeau pour fusionner, fer chauffant pour certains effets, fer à souder avec des tiges de métal pour des détails.  Une multitude de gouges et de lames.  Graphite, papier, fusain, pastel, huile, pigment, rouille etc…….

L’encaustique pour moi est l’ultime lacher prise, laisser les choses se faire comme elles veulent bien se faire, accepter que la flamme transforme la surface et s’adapter au rendu.

Accepter que l’on ne peut pas tout contrôler, aimer les irrégularités, les mettre en valeur plutôt que de les cacher.

L’encaustique c’est mon wabi sabi.

 

Prix

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Encaustique 36"x 36", prix ???

J’ai ouvert une discussion au sujet du prix d’une toile, petite question qui a suscité bien des réponses.

Il y a plusieurs manières de calculer et autant de facteurs à considérer pour établir le prix. Le médium, le style, l’expérience, l’originalité, etc. Il y a même des sites internets qui offrent des logiciels de calcul en fonction de certains critères.

Je ne peux baser mon prix que selon mon expérience personnelle et je ne juge aucunement le prix des autres.

Il y a environ six ans, j’ai franchi le seuil d’une galerie avec une pile de tableaux et le galeriste les a accepté. Lorsqu’il m’a demandé quel est le prix, j’ai un peu hésité pour lui dire après quelques secondes $1 le pouce, c’est ce que j’avais trouvé sur internet. Il a un peu rit à pris une toile l’a examinée de tout bord tout côté et sur un contrat il a inscrit:

Hauteur + largeur x 17 – 50% commission et m’a dit d’augmenter graduellement le facteur selon mes ventes. Au cours des mois j’ai eu beaucoup de belles discussions avec cet homme, il m’a fait comprendre surtout que le marché de l’art n’était plus ce qu’il a déjà été.

De la période pré-internet les galeries dictaient pas mal ce qui se passait sur le marché et ayant une limitation au niveau espace peu d’artistes avaient la chance d’être représentés. Il y avait un équilibre entre l’offre et la demande.

Avec l’arrivée de l’internet, la facilité d’avoir un site et les millions de galeries en ligne, l’offre excède de beaucoup la demande. Tout le monde peut facilement mettre en vente ses oeuvres, qu’elles soient de bonne qualité ou pas, car les critères de sélection n’existent plus vraiment. Ajoutons les réseaux sociaux qui sont à mes yeux un outil promotionnel incroyable.

Il y a aussi les villes comme Dafen en Chine où des copistes pondent des oeuvres en trois heures à un prix moindre que ce que l’artiste d’ici doit payer pour son matériel. Des reproductions de tout genre qui se vendent sur alibaba express et de nombreuses pages facebook. Ce n’est même plus une question d’offre et de demande, c’est carrément impossible de faire compétition à ces usines. Je dois dire que la même toile peinte en millier d’exemplaires n’a pas la même valeur qu’une oeuvre unique, malheureusement un grand nombre d’acheteur ne prend pas vraiment ce facteur en considération.

Quand j’ai tourné le dos à l’acrylique, j’ai liquidé mon inventaire. J’ai fait quelques heureux et me suis fait plantée d’aplomb par certains artistes. Au fait le pire crime que j’ai commis est d’avoir baissé mes prix publiquement plutôt que de le faire en privé. Je suis bien contente de l’avoir fait les toiles sont chez des collectionneurs plutôt que dans un coin d’atelier. En tout cas ce fut libérateur à bien des niveaux, j’ai rompu mes liens avec les galeries et suis devenue un loup solitaire armée de pinceaux.

J’ai décidé de baisser le facteur de 17 à 10 en prenant en considération que je n’ai pas de commission à payer à une tierce personne et me réservant le droit d’augmenter graduellement le facteur selon la demande.

Est-ce que mes prix sont trop bas peut être……mais mon facteur est relativement le même sinon légèrement plus élevé, c’est mon client en fait qui économise la commission.

Est-ce que le fait que mes prix sont raisonnables fait en sorte que je ne suis pas considérée une artiste sérieuse, peut être……mais je vends et souvent plus qu’une toile par client dans leur cas je devrais dire collectionneurs.

Est-ce que mes prix font en sorte que les galeries me boudent, peut être……mais la preuve est que je vends beaucoup plus depuis que je contrôle ma production.

Chaque artiste a des attentes au niveau de ses prix et cela le regarde entièrement, si il vend tant mieux et si il ne vend pas peut être devrait il analyser la situation et décider ce qui lui convient et ajuster

Autodidacte

img_0446« Méfiez-vous des autodidactes, surtout lorsqu’ils se vantent de l’être !
Citation d’Antonio Machado, poète espagnol.

Être autodidacte signifie apprendre sans professeur, ce n’est pas un don en soit, une qualité divine ou une excuse à la médiocrité. (Je pense à quelqu’un en particulier en écrivant ces mots, trop de café ce matin :0p)

Ce n’est qu’une manière différente d’apprendre en utilisant des outils différents. L’observation, la lecture, l’expérimentation surtout en notre ère de l’internet un des grand prof de notre siècle……. Mr. Youtube.

Derrière chacune des méthodes utilisées il y a une personne qui a plus de connaissance que nous. L’auteur du livre est en soit un prof. Celui qui a fait le vidéo sans avoir un diplôme devient un prof. L’artiste que vous observez du coin de l’oeil devient un prof, etc…etc…etc…

Alors à mes yeux l’autodidacte n’a pas plus de talent qu’un diplomé des beaux-arts et vice versa. Ce n’est qu’une manière différente d’apprendre, un choix personnel, pas un don et surtout pas une excuse.

Entre deux eaux

 

 

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Banc d’essais

Entre deux eaux en ce moment…..lorsque je fais plusieurs toiles qui se ressemblent……quand je pars dans un sens, généralement je redémarre dans une autre direction.

Depuis Noël je n’ai pas fait grand chose sauf au niveau expérimentation, il y a des périodes ainsi où  il n’y a pas de toile signée que des essais et des réflexions.

Depuis que je peins, à chaque période silencieuse  je me dis »tu es statique, figée ».  Je recherche la fluidité,  un mouvement qui se dirige vers l’abstraction tout en gardant un souvenir de figuratif.  Je pense que c’est l’encaustique de pars sa nature d’effet vaporeux qui me permettra un jour d’arriver à destination.

Entre temps je patauge.  Bonne journée

 

Il y a des jours……

img_0736Il y a des jours, des semaines et des mois où rien ne va.  Chanceuse que ce ne soit que des jours dans mon cas.

Hier j’arrive à mon studio et une toile 3o/30 est sur ma table et non au mur et l’encaustique est fracassé.  En même temps je regarde une toile commencée et je vois bien qu’elle n’ira nul part, alors……faire, défaire et refaire.

Pour la toile qui me déplaît aucun problème je peux recommencer, changer d’approche et lui donner une deuxième chance.

Pour celle qui est brisée, c’est avec un petit pincement que je ferai une autre toile.  Alors avec fer chaud et chalumeau je gratte la surface pour exposer ce que je veux garder et repartir à nouveau.    J’aurais pu essayé un peu plus longtemps de la réparer sauf que je me dis cela fait quelques mois que tu es au mur et il y a peut être une raison pourquoi tu n’es pas partie.

Et voilà la perpétuelle remise en question, il ne suffit pas qu’une toile me plaise il faut qu’elle parte quelque part.   Si elle reste je la considère un échec, peut être un mot trop fort pour la situation, mais il reste qu’une toile dans un atelier demeure une oeuvre inachevée, car elle n’a pas atteint sa destination…..un de vos murs.

Remise en question qui me force à observer le mur de toiles et je me dis…..pourquoi êtes-vous encore ici?

Est-ce le prix?   Non

Est-ce le format?   Non

Est-ce le fait que j’ai décidé de ne pas être en galerie? Non

Est-ce…….la liste peut être très longue et autant de oui, de non et de peut être.

J’ai toujours eu un sens de la critique assez fort et je suis  dure envers moi même.  Je l’ai toujours été et je le serai toujours, je crois que c’est une nécessité pour progresser.  Pas une question de perfectionnisme, juste une question d’aller plus loin.  La perfection je n’y crois pas.

Aller plus loin pour qu’elles me plaisent et arrivent sur un de vos murs.  C’est cela une démarche toujours se remettre en question jusqu au jour où………….

 

 

Signature

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Des fois les résaux sociaux se prêtent à la confusion, une image, une phrase est interprètée d’une certaine manière et le sens se perd.

J’écris sur mes toiles, des fois c’est quasi invisible et d’autres fois bien en évidence.

Un jour un monsieur outré écrit: « Sa signature est ridicule, il n’y a pas de place dans le marché pour ce genre d’art. »

Je peux prendre la critique en autant qu’elle soit logique et que j’y vois un fondement. Je ne connais pas la personne et comprends mal sa critique, je me dis en quoi ma signature picturale est-elle si épouvantable? D’accord il y a place à amélioration, on ne doit jamais cesser d’avancer et raffiner ce que l’on fait, mais de là à dire que je fais de la m..de, il y a une marge.

Je lui demande en quoi ma signature le dérange, il me répond que jamais personne n’achètera ce que je fais, dans ma tête je me dis mon cher la preuve est dans le pudding, des toiles j’en vend. Les discussions vont et viennent entre lui et moi, jusqu au moment où je réalise qu’il parle de ma signature M.Tibo. Si il y a quelque chose de discret dans mes toiles c’est bien ma signature minuscule dans le bas, mais généralement à l’endos de la toile.

LA VIE EST UN FLEUVE…….je commence mes textes avec cette mots et souvent rien d’autre n’est ajouté…..pourquoi? Festival Classica Saint Lambert en me rendant pour peindre en direct, en roulant sur le Pont Jacques Cartier, elle m’est venue en tête et depuis elle meuble mes toiles. Le plus banal dans tout cela elle demeure non pas pour son sens, mais parce que j’aime la calligraphie de cette phrase.

Démarche

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Comme je disais la photographie….n est pas mon fort. Au fait il y a plein de choses qui ne sont pas le fort du peintre. La comptabilité, le marketing, l’envoie de cv, etc, bien des bêtes noires.

Une des pires choses du moins pour moi c’est d’expliquer la démarche oralement ou par écrit.

Je suis de ces spectateurs qui regarde l’image et ensuite le texte et si celui ci est composé dans un langage disons artistique je décroche surtout si le texte est plus significatif que l’oeuvre ou que sans lui l’oeuvre n’existe pas. Au fait je n’aime pas que ma réflexion soit influencée et c’est pourquoi je lis après.

Des démarches il faut en composer au gré des saisons, elles changent, celle que j’ai en ce moment n’a rien à voir avec celle qui date d’il y a cinq ans qui expliquait le silence des geishas ou bien celle d’il y a trois ans qui parlait d’architecture. Aujourd hui elle est « wabi sabi » la voici:

Artiste plasticienne, Michelle Thibault, utilise l’encaustique pour donner forme à ses toiles et vases décoratifs. Le concept esthétique du wabi sabi guide ses oeuvres. Elle cherche à évoquer la solitude, la mélancolie, la dissymétrie, l’altération par le temps, qui sont des composantes de cette philosophie. Pour elle la beauté est imparfaite et modeste.

Artiste peintre utilisant l’acrylique jusqu’à récemment, l’encaustique lui offre un moyen d’expression plus vaste et lui permet d’explorer les objets dimensionnels.

Ses oeuvres sont simples, épurées et uniques. Elle laisse la beauté du médium dominer l’oeuvre et le feu guider ses gestes, elle se fusionne à son oeuvre, ils ne font qu’un.

Je pense que la prochaine sera:

Elles sont comme elles sont puisqu’il en est ainsi.

 

Géométrie

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Tout s’explique……vous avez du remarquer la présence d’un rectangle ou carré blanc qui se promène dans mes toiles.

C’est le lac Tuz qui se situe entre Konya et Ankara en Turquie, dans un paysage doré soudainement apparaît cette forme blanche sur le plateau d’Anatolie.

De visiter la Turquie fut un grand plaisir et en même temps un voyage parsemé d’émotions et de conflits.

C’est un voyage fait sans mon conjoint, il refuse de mettre les pieds dans le pays de ses parents, sol qui du temps de ses ancêtres n’était pas la Turquie, mais l’Arménie Mineure, aussi nommée Anatolie. En 1914 ils ont survécus le génocide et ont fuit pour se réfugier au Liban où ils ont fondé famille sans pour autant abandonner leurs traditions ancestrales. Pays qu’ils ont du fuir par la suite pour des raisons similaires, pas un génocide cette fois ci, mais une guerre civile.

Mon conflit résidait dans le fait que les gens que je rencontrais étaient d’une grande hospitalité, générosité, etc a l’opposé de l’image que je m’en était fait. En même temps tout en observant ce qui m’entourait je me questionnais de ce qu’aurait été ma vie si le génocide m’avait pas eu lieu. Difficile d’imaginer ma vie avec quelqu’un d’autre et d’avoir eu la chance de découvrir une culture différente.

Quelque part ce génocide qui est arrivé avant ma naissance a fait de ma vie ce qu’elle est. Alors même si la Turquie ne fait pas partie de nos vies, il n’en reste pas moins que pour moi ce lac représente la terre ancestrale, ce qui aurait du, mais qui n’est pas.

Introspection

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Durant la saison des rétrospectives fb, je me dis que c’est le temps de l’introspection. Les réseaux sociaux sont une manière de voir comment les gens réagissent à notre travail.

Les « likes » et les compliments font toujours plaisir, mais ce sont les silences qui en disent longs. Une toile qui est mis d’avant et qui génère peu ou pas d’interaction demande à ce que l’on regarde objectivement nos créations.

On peut pointer du doigt le public et dire qu’il n’apprécie rien, qu’il ne porte aucun intérêt à l’art en général. Sauf qu’en pensant ainsi, on tourne en rond en répétant toujours les mêmes gestes avec le même résultat.

Je regardais 3 vidéos d’un homme qui voulait me vendre l’idée que si je payais $1500 pour être dans son bouquin que ma carrière serait propulsée dans la stratosphère. Facile de se laisser influencer si tu as l’argent bien sur. Peut être qu’une exposition à New York changerait ma vie, si j’ai $2000 à cracher. Peut être que si je gagnais un prix, que je recevais une reconnaissance de mes pairs que les galeries cogneraient à ma porte. Peut être que si je me payais de faux profils pour bâtir un empire sur les réseaux sociaux que j’aurais une notoriété.

Bien des peut être basés sur le monde extérieur, basé sur un portefeuille et non sur un portfolio de toiles.

En bout de ligne même si je payais tous ces outils « promotionnels » mes toiles seront les mêmes et l’intérêt sera le même. La seule réponse demeure l’introspection souvent nommée « critique » et celle-ci est la plus difficile à faire, elle ne coûte rien, mais elle vaut une fortune. Pas facile de regarder une de ses toiles sans lunettes roses et se demander si vraiment on la veut dans son salon et payer tant pour le faire. Pas facile d’assumer la responsabilité de ses choix. Pas facile de se regarder le nombril. Pas facile de dire je ne suis pas à la hauteur. Pas facile de dire que le marché de l’art n’est pas le problème. Plus facile d’ignorer le tout et continuer comme si tout était parfait.

L’introspection une perpétuelle auto critique qui fait en sorte qu’un jour si on écoute vraiment ce que notre cerveau nous régurgite on finit par progresser.

 

Original ou pas

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J étais un peu sous le radar depuis Noël, le grand classique du temps des fêtes, beaucoup de rencontres et beaucoup de virus.

À chaque jour comme beaucoup d entre vous je regarde le mur défilé et je vois de plus en plus de toiles offertent à des prix très bas. Certe il ne s agit pas de toiles originales mais des reproductions autorisées. La Chine inonde le marché de ce genre de toile qui au premier coup d oeil sont belles, mais ne sont qu un enduit plastique sur canvas.

L’artiste peut utiliser ses oeuvres pour en faire des produits dérivés tel des cartes, calendrier, coussins ou reproductions imprimées sur toile. En faisant ainsi il reçoit un pourcentage sur chaque vente de l objet. Ceci est tout à fait légal et les oeuvres offertent le sont avec le consentement de celui ci.

Ensuite il y a l envers de la médaille toutes ces compagnies qui pigent sur le net des photos et font des produits dérivés non autorisés et malheureusement dans ce cas l artiste bien souvent ne le sait pas et il ne reçoit rien en retour. Il est exploité.

En dernier lieu il y a l artiste à la dérive qui lui utilise le travail des autres pour faire une toile, il ne s agit pas d une oeuvre originale, mais bien d un produit dérivé. Lorsqu un toile est vendue un certificat d authenticité est émis et sur ce bout de papier une petite phrase doit y apparaître : l’oeuvre a été créée sans l aide d une tierce personne.

Je ne comprendrai jamais la motivation de ces « artistes », la création est un des sentiments les plus fort celui qui offre la plus grande satisfaction. Non je ne comprendrai jamais…….

Avant d acheter ce genre d oeuvre vérifier avec google image pour savoir si vous achetez une oeuvre originale, un produit dérivé autorisé ou bien du simili poulet. Bien souvent les oeuvres originales sont abordables et le sentiment d avoir jne toile unique vaut le coup.

 

Faire, défaire et refaire

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Faire, défaire, refaire……lorsque vous voyez des temps vide de création sur mon mur, il y a deux scénarios.

Un temps d arrêt où je créé dans ma tête, j imagine, je pense à comment le faire et visualise le procédé. Il y a des artistes avec des centaines de cahiers de croquis, moi je laisse les neuronnes faire le travail, car point une personne qui trippe dessin, mais plutôt l aspect technique de la chose. La réaction de l encaustique vis à vis la température du support en contraste avec celui de la cire, etc….etc…etc…

Quand j avais l école je travaillais étroitement avec une compagnie de peinture et j avais accès à leur équipe de chimiste, privilège que j appréciais grandement et qui m a fait comprendre bien des choses. La grande révélation, on ne peut maîtriser un médium sans le connaître.

Deuxième scénario, je fais, défais et refais jusqu à ce que j ai imaginé est sur le support. Je n hésite pas à détruire une toile qui à pris des heures et des heures de travail. Pour moi une toile est un objet, l excuse pour faire, défaire et refaire.

Il y a 3 ans par un beau samedi, xacto en main j ai détruis une vingtaine de toiles et j avais mis les photos de la pile de canvas lacéré jeté au sol. J ai eu droit à de fortes réactions.

La première fut si tu ne la veux pas tu peux me la donner…….non. Si vous l aviez vraiment aimé vous l auriez achetée.

La deuxième est venue d artistes qui m ont accusés de n avoir aucun respect pour ma démarche…..non, justement j ai du respect, je ne garde pas ce que je considère ne plus représenter ma démarche ou n est pas à l image des mes attentes.

Comment expliquer que ce qui est important est la conception et ensuite l exécution, le rendu n est que la conclusion du reste. Parfois c est beau, parfois c est laid et ce qui me reste à par une toile à vendre ou a refaire est l expérience que j ai acquis et ça les amis c est ce qui est important pour moi.

Alors si vous n avez pas eu un coup de coeur pour une de mes toiles il est fort probable qu elle sera détruite dans les jours, semaines ou mois à venir et peut être que ce qui renaítra de cette cire fondue deviendra votre coup de coeur.

Quel est ta valeur

 

 

img_0289Est ce qu un médium à plus de valeur qu un autre. Pourquoi est ce qu une aquarelle a une valeur différente qu une huile par exemple. Est ce que l huile est mieux que l’acrylique.

Ils ont tous un point commun…….des pigments. Chacun de ces médiums ont des liants différents, l aquarelle la gomme arabique, le tempera le jaune d oeuf, l acrylique le polymère, l huile l huile de lin, l encaustique la cire et la résine.

Tant et aussi longtemps que le pigment n est pas incorporé, ce ne sont que des molécules avec des propriétés différentes. À mes yeux ce sont les pigments qui donnent vie à une oeuvre et non le véhicule.

Hier soir avec des amis dans un bon resto à table il y avait, une canadienne d origine, un arménien né au Liban, un syrien assyrien, un syrien musulman, une libanaise musulmane et une argentienne. Des origines différentes, des langues différentes, des religions différentes. Nos liants étaient différents et nos personnalités, nos pigments de teintes différentes réflètaient une toile parfaite et harmonieuse.

Ce qui se produit en ce moment cette discorde, où un peuple ou une religion à plus de valeur qu une autre me rend folle, je ne comprends pas la xenophobie tout comme l homophobie. Il est facile de dire et bien lui il vient d un pays qui en ce moment est considéré dangereux ou bien une religion, etc.

Quand est ce que ce sera notre tour d être considèré celui qui vaut moins?

 

Style

 

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J’entends souvent, ton style, mon style, le style…….C’est quoi au juste un style. C’est l’ensemble de techniques, composition et teintes qu’un artiste amalgame sur l’ensemble de ses toiles. C’est aussi tous les défauts et qualités du peintre.

Au début il y a bien longtemps je peignais dans le style de Betty Caithness qui elle peignait dans le style de Rufus Porter. Pourquoi ce style et bien c’était le seul qui à l’époque de la peinture décorative me plaisait. Jamais été très fleur ou mouton.

Si je retourne dans le temps disons 20 ans Mme Caithness était omniprésente dans ma démarche et ce n’est que graduellement que son influence est disparue pour ne garder qu’une caractéristique qui est attribuable non pas à son nom, mais à un mouvement artistique qui est l’art naïf……simplicité des formes qui aussi peut être associé au cubisme qui lui me mène à Braque et ainsi de suite.

Un bon matin comme bien des peintres je me suis dit bon faut trouver ton style……des heures et des heures clouée devant l’ordi à essayer de trouver mon style. Des milliers d’images en tant qu’inspiration, surtout des milliers d’image pouvant porter à ressembler à quelqu’un d’autre, on est loin du « mon style » on est plus dans « son style ».

Un jour en suivant un atelier sur internet d’une artiste dont j’oublie le nom, elle dit…..si lorsque quelqu’un regarde votre toile et un autre nom vient en tête plutôt que le vôtre, il se souviendra de l’autre et pas de vous.

Ce fut pour moi bien révélateur, toutes ces images me nuisaient, elles me gardaient dans leurs styles, leurs manière de faire. Alors j’ ai fais un grand ménage et j’ai effacé ces images et pris des vacances de recherche d’inspiration. Ces images ,même si détruites sont restées dans ma tête, mais moins omniprésentes.

Au début j’ai eu le syndrome de la toile blanche et cela a duré aussi longtemps que je n’ai pas su pourquoi les oeuvres d’un artiste me plaisait. Pourquoi j’aime Rembrandt et non Raphaël, pourquoi Braque plutôt que Picasso et ainsi de suite.

Et puis un jour tu te réveilles et tu ne cherches plus « ton style », tu peins ce qui te colle à la peau, des formes, des teintes, un genre de composition non pas inspirés par un peintre, mais par tout ce qui a été fait avant toi. Je vais être honnête avec vous, je n’aime pas dire……. »mon style » je n’ai rien inventé, je n’ai que combiné ce qui trotte dans ma tête.

 

 

Plus ça change…..

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Plus ça change plus c’est pareil

Une amie m’a déjà dit, cette toile je l’aime moins elle ressemble trop à l’autre. Critique que je considère constructive comme toute critique d’ailleur, car elle mène au questionnement.

Pourquoi est-ce-que je peins continuellement les mêmes teintes, les mêmes thèmes, pourquoi lorsqu’il y a changement il y a tant de similitudes d’une toile à l’autre.

Pour les teintes c’est simple pour moi et c’est sans équivoque ou questionnement, je les aime et je vais les explorer tant et aussi longtemps que je les aimerai.

Les thèmes, toiles urbaines ou personnages, des formes simples c’est ce que j’aime peindre et c’est aussi vers quoi mes goûts vont dans la vie, simple….

En ce moment je suis en mode silhouette, ciel, terre, soleil. Vrai qu’elles se ressemblent alors pourquoi en faire tant. Parce que personne ne peut voir sur les photos ce qui se passe avec la cire. J’expérimente avec mon chalumeau l’angle de la flamme, la distance, les couches de cire neutre entre les couches de cire colorées pour obtenir un effet que j’aime bien, la cire se disperse d’une manière très délicate, un peu comme de la dentelle.

Un peu obsédée par le processus et je ne veux pas que l’effet ne soit qu’un hazard, je veux pouvoir le refaire quand c’est ce que je veux faire. Obsession ou besoin de maîtriser l’encaustique c’est du pareil au même, comme le bébé qui jette sa cuillère au sol autant de fois qu’il sera nécessaire pour se prouver qu’à chaque fois elle tombe, c’est ce que je fais.

Il y en a qui ne peignent ques des chevaux, des Fridas, des fleurs, des fruits, etc ils ont tous un truc en commun, ils n’ont pas fini d’explorer ce qu’ils aiment.

 

Abeilles

Je vis dans une maison sans balcon, sans toiture
Où y a même pas d’abeilles sur les pots de confiture
Y a même pas d’oiseaux, même pas la nature
C’est même pas une maison

Paroles de Cabrel…….peut être une réalité imminente. Les abeilles se meurent et les conséquences seront dévastatrices.

Une des raisons à part le fait que j’aime les qualités et défauts de l’encaustique est l’aspect qui touche l’environnement. Pendant 20 ans j’ai laissé ma trace sur des toiles et dans des sites d’enfouissement avec mes résidus d’acrylique, non toxique…….mais quasi permanent.

Cire d’abeille, résine de damar, pigments, bois……plus de plastique pour moi. Un autre point est que l’encaustique a une fluidité sous la flamme qui est incomparable à d’autres médiums. Médium qui a la qualité de ses défauts et puisque l’aspect statique de mes techniques acrylique me dérangeait, quoi de mieux qu’une perte de contrôle.

 

Photo d’une abeille morte que j’ai trouvé dans mon atelier cet automne

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Volage

Vagabonde

Hier après avoir écris mon mini feuilleton, j’ai réalisé que je suis comme une toupie.

Atelier maison
Atelier Ahuntsic
Atelier maison
Atelier ave du Parc
Atelier maison
Atelier de Gaspé

Il y a une constante un séjour chez moi entre les ateliers, mais comme vous pouvez constater il y a toujours un départ vers un atelier.

Chaque fois que je me retrouve chez moi pour quelques jours ça va……ensuite l’Ouest de l’Île me rentre dans le corps. Je me sens pognée, isolée, loin. Il y a des avantages loyer, internet, assurance, transport, nespresso, frigo, caniche gratuit. Pas de problème de stationnement ou d’oreilles gelées à attendre l’autobus.

Sauf que quelque part l’abscence d’obligation financière face à un atelier fait en sorte que de dire je terminerai la toile demain devient très facile, trop facile. Mes esprits vagabondent un peu trop chez moi. Faut dire aussi que le fait de devoir payer un loyer stimule la femme d’affaire en moi (ps…Josianne le transfer est fait :0p)

Il n’y a pas de distraction du genre deux rangs de tricot entre chaque couche d’encaustique pour réaliser une paire de bas plus tard que la toile attend.

Focus, focus, focus

À plus direction atelier.

 

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Changement

Je ferme l’école, je retourne chez moi et je peins dans l’intimité, je suis bien, je peux expérimenter tant que je veux. Au fait je n’ai plus à me souvenir des teintes utilisées, des techniques ou d’écrire des plans de cours et des pas à pas. Je suis libre

Je commence à étudier les critères pour devenir artiste professionnelle…….la liste est longue, j’embarque dans un regroupement, je suis les consignes, mais en même temps je me rencontre que tout un univers gravite autour des artistes. Disons que je préfère la solitude d’un atelier.

Je suis en galerie, mais bon déception, les ventes se font rares et en plus j’ai les mains liées même si j’ai une relation valorisante avec le galériste, il m’a beaucoup enseigné et j’apprécierai toujours ses bons conseils.

Je faisais parti d’un regroupement ce n’est pas pour moi, mais j’en garde un bon souvenir, j’ai rencontré des gens supers avec qui j’entretiens des amitiés.

J’ai fait parti d’un collectif pour me rendre compte qu’en bout de ligne je travaille pour les autres et je quitte et je retourne chez moi en paix.

Rendue là je me fout pas mal du status…..je créé, je peins….le reste bofff.

Je décide que plutôt que de vouloir une reconnaissance de mes pairs, il n’y a qu’une reconnaissance qui compte c’est la mienne la satisfaction de produire un travail qui me plaît.

Je peins, peins, peins sauf je me trouve statique, j’aime ce que je peins, sauf que c’est rigide, ce n’est pas à l’image qui est dans ma tête. Je prends de plus en plus de temps entre chaque toile, j’ai moins de plaisir. Le milieu me fait ch….r un peu, des tendinites, etc.

Je prends un an pour terminer une toile, c’est la dernière……

Je retire mes toiles des galeries.
Je liquide toutes mes toiles à des prix ridicules.
Je donne mon matériel.
Je détruis ma quote établie.

Tibo se lance à l’encaustique en septembre 2015, elle n’a pas lu et observé pendant 38 ans pour rien……elle a juste pris un grand détour pour y arriver. Bon je vous laisse ma cire est prête.

Voici la dernière toile acrylique que j’ai faitimg_0443

Tibo

Pendant que ma cire fond je continue ma tartine, au fait c’est qu’une démarche ce n’est pas linéaire, il y a des détours, mais tous ont leur raison d’être.

J’ouvre une école de peinture décorative, mais les moutons, coqs, etc me lassent pas mal. En même temps les coûts sont plus élevés que prévu……9 heures de cours par jour, je commence à vendre des pas à pas à un magazine de peinture décorative pour arrondir les fins de mois.

Chaque semaine il y a de moins en moins d’art naïf, de moins en moins de boîtes, coffrets, etc.
Les élèves passent dans le tordeur, elles aussi suivent la tendance, elles n’ont pas le choix c’est moi qui donne les cours. Le magazine me trouve trop contemporaine

J’achète de la peinture acrylique Golden en particulier un tube de quinacridone de nickel d’azo, ma période jaune commence et perdure jusqu’à aujourd’hui. Il y a une lassitude après cinq ans qui s’installe, je ne comprends pas trop d’où cela vient. Je renouvelle mon bail, je relook l’école, je passe l’été à poser des lattes au plancher, une à une et lorsque j’ai posé la dernière assise dans le coin j’ai compris que je peignais pour plaire à mes élèves, plus rien ne m’appartenait.

Il m’a fallu un an pour les abandonner. Pendant cette année toute trace de peinture décorative est disparue avec tous les pots de peinture Americana, Delta et Jo Sonja, il ne reste que quelques tubes de Golden. Tibo arrive

 

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La peinture

La peinture fait surface, entre temps j’ai quitté New York, partie au Liban pour revenir en catastrophe et m’installer à Montréal. Le scénario se répète, pas d’argent, pas de job, pas de logement, une valise. En 24h le logement sur Champagneur et un emploi à la banque à Rockland. Les années filent, les enfants arrivent, la maison dans l’Ouest de l’Île, Mike démarre une entreprise, j’étudie, je travaille, dans mes temps libre Martha Stewart débarque avec les loisirs créatifs.

Fiston veut une chaise Roi Lion, je n’en trouve pas, je coure acheter des pots de peinture et en entrant dans la boutique je tombe face à face avec un pare foyer peint dans le style de Rufus Porter (art naïf) la dame voyant mes yeux scintiller m’offre des cours. je décline son offre, mais j’achète tout ce qu’il faut pour le faire. 30 pots de peinture, des pinceaux, du bois et le pas à pas pour le faire. J’ai réussi, je l’ai eu et c’est le début de l’art décoratif. il n’y a pas un meuble ou objet qui a échappé à mon relooking. Sauf que ma vie n’est pas rose comme Martha, je me lève un matin plus rien ne va j’ai le mot Burn Out de tatoué dans le front.

Je lache tout, je capitule. Sauf que j’ai des centaines de pots de peintures et c’est avec eux que j’ai passé à travers cette période et celle qui suivi des douleurs chroniques causées par un dos amoché. L’autodidacte que je suis en a profité pour apprendre des techniques avec des livres et approfondir mes connaissances. Têtue de nature non seulement je veux peindre, je veux comprendre qu’est ce que l’acrylique, les gels, les fibres des pinceaux, parce que quelque part j’ai pas mal fait le tour des pas à pas de la peinture décorative. Martha Stewart s’en va en prison et je deviens formatrice et le début de la fin de la peinture décorative.

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Yushu 2008

L’encaustique

L’encaustique maintenant, durant ma période New York l’argent se faisait rare. Je devais faire des choix judicieux, j’achetais un poulet par semaine et je l’étirais. Le samedi mon chum qui était étudiant travaillait. Je me levais tôt et je me rendais à Manhattan, je marchais toute la journée à regarder les gens et les immeubles et je terminais ma course à Central Park où je m installais sur les marches du musée. Sauf que le musée ne faisait pas partie de mon budget. À force d observer les gens entrer et sortir j’ai remarqué que certains portaient des écussons de couleur. Parfois bleu, rouge, jaune.

Mes poulets aussi avaient des écussons grade A, après quelques semaines armée de petits pots de peinture, j avais une collection digne des « patrons » du musée.

C’est alors que ma découverte de l’art a commencé, de grandes oeuvres au plus obscures. J’aime, j’aime pas, c est évident que l’art classique me laisse froide, mais malheureusement je n’avais pas encore découvert le Moma. Sauf qu un jour dans un coin je vois des panneaux de bois avec des portraits, c est inscrit encaustique…..wow 2000 ans. Je suis fascinée par le simple fait qu une substance aussi simple que la cire d abeille puisse survivre si longtemps et être si riche.

J’ai gardé l’encaustique 38 ans en tête, à lire sur le sujet etc. Faut dire qu’à l’époque la peinture ne faisait pas partie de ma vie, c est venu plus tard durant ma période Martha Stewart qui sera un autre chapitre :0)

Encaustique 00115, la première qui a eu un titre autre qu un numéro Envol

 

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L’Afrique

L’influence de l Afrique, ce sont les paroles de cette chanson qui ont inspirées les toiles de la collection qui se nommait au départ Marie Pierre de Lune. J’aime Sade et Angélique Kidjo toutes deux interprètent cette chanson, des voix différentes, mais un message unique……..la femme qui fait tout pour survivre. Surtout la femme africaine qui tient sur ses épaules la survie de ses enfants. Grandes et nobles.

La collection au départ était très colorées et les toiles recouvertent de centaines de perles turquoises peintent en trompe l oeil. C’est aussi l’époque des silhouettes qui commencent à faire leur apparition et des sphères à n’en plus finir. Et je réserve la signification des sphères pour plus tard.

(Marie Pierre de Lune est en commentaire et elle vit à Calgary)

 

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Pourquoi

Pourquoi des silhouettes, des cercles. Pourquoi l’Afrique et le Japon. Pourquoi tant de formes géométriques. Pourquoi toujours les même teintes. Pourquoi l encaustique.

Je vais commencé par le Japon.

19 ans, je vais vivre à New York. Pas d’argent, pas d’anglais. Je n’ai aucune idée comment j’ai réussi avec de simples yes, no, maybe de trouver un emploi chez Dentsu une compagnie de marketing japonaise. Tout ce donc je me souviens sont des colonnes de chiffres interminables et les chiffres c est un langage universel.

Sauf qu’autour de moi il y a tous ces japonais qui créent des concepts d’une simplicité incroyable, mais qui me touche, quelque part même avec la barrière des langues, je comprends ce qu ils veulent dire.

Simplicité, wabi sabi, une porte s’ouvre sur l’esthétique japonais dans ma tête.

Jusqu au jour où suite à une conversation très limitée, je comprends que l’immigration va débarquer, je dis….

Oh me need washroom quick, quick et j ai descendu 42 étages en courant et continuée jusqu à Lexington.

 

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Progression de la toile,  ce soir travail d’encre de Chine et demain le reste de la toile prendra forme avec quelques  détails et couches d’encaustique additionnelles.  Déja 75 oeuvres depuis septembre.

J’ai aussi écrit à nouveau ma démarche artistique afin qu’elle soit représentative de ma production actuelle.   Je me sens soulagée  de l’avoir fait c’est ma bête noire, difficile de mettre sur papier ce qui me motive dans un langage simple.

Bonne soirée

 

Progression  of my painting, tonight I am using India ink and tomorrow it will take shape with a few forms and additional layers of encaustic.  Already 75 works of art since september.

I also took the time to rewrite my artist statement it needed to be representative of my actual work.  I feel lighter to having done it, it is one of my pet peeve, difficult to put on paper my motives in a simple language.

 

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Que suis-je?

À chaque tournant de ma démarche je me questionne……artiste peintre……artiste……peintre?  Avec toutes les discussions sur le sujet dans les réseaux sociaux il m’est encore plus difficile de me situer dans tout cela.

Certe je peinds avec l’encaustique, mais je ne peux utiliser le terme peintre à l’encaustique ou artiste puisque que le médium n’est que le véhicule.  L’identité que j’avais n’est plus valide surtout que je façonne, sculpte, moule, grave, imprime, rouille, brûle et je peinds.  L’acte de peindre n’est qu’une petite parcelle de ce que je fais.  J’applique de la cire avec un pinceau, mais je façonne au chalumeau.  Le pinceau n’est qu un outil parmi tant d’autre.

Les toiles sont peintes, incisée, fusionnée, elles deviennent dimensionnelles ce n’est plus une surface plate et pour les objets qui eux partent d’un bout de papier pour enfin prendre forme, même si un pinceau est utilisé ils n’ont rien d’une toile.

Alors pendant que la cire fond doucement je me dis artiste peintre je ne suis plus……que suis-je?  Plasticienne et je crois que si quelqu’un me demande qu’est ce que c’est, la réponse sera…..un peu de tout.

La vie est un fleuve…

 

La vie est un fleuve bout de phrase qui revient constamment sur mes toiles……pourquoi ces mots aucune idée si ce n’est que j’aime la forme de ce texte.  L’écriture n’a pas toujours eu sa place sur mes toiles, elle s’est installée tranquillement au cours des ans.  Parfois des textes plus longs à la saveur du jour, illisibles, au fait lorsque j’ai quelque chose à dire je l’écris petits messages à moi même qui n’ont de signification que pour moi.

Anecdote,  un jour sur fb je mets la photo d’une toile qui a ces mots bien en évidence,  une personne que je ne connais pas inscrit que ma signature ne fait aucun sens qu’aucun artiste ne fait ceci et que c’est invendable…….aucune place dans le marché de l’art pour ce genre de truc.  En tant que peintre je comprends qu’il déteste ma signature picturale, je regarde la toile et me dis bofff c’est mon style et je ne peux rien y changer, c’est alors que je réalise qu’il pense que « la vie est un fleuve » au fait est ma signature.  Je réplique, il réplique, je lache prise lorsqu’il inscrit que personne n’achetera ce genre d’oeuvre.  Je me la ferme, il n’y a rien à faire.

Peu importe l’opinion des gens les mots resteront, ils font partis de ma signature celle qui compte et non celle qui est inscrite à l’arrière de la toile.  Pourquoi à l’arrière de un à cause du médium, car celle-ci peu être enlevée facilement avec une gouge et remplacée par un autre nom et de deux une signature pour moi c’est un style, le regroupement des techniques, des teintes, des formes, etc ce qui identifie l’artiste.

Encaustique 01215
Encaustique 01215, 8"x8", $80

Mise en place

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Peindre peu importe le médium utilisé est comme cuisiner. Le produit fini ne montre pas tous les préparatifs qui ont eu lieu avant que l’oeuvre soit au mur ou le bon plat dans votre assiette.

En premier il y a la pensée, ce qui mène au concept de l’oeuvre…..ensuite la réflexion comment arriver à une toile qui soit représentative de la pensée.  C’est beau avoir une vision reste-t-il qu’il faut déterminer les techniques qui seront utilisées pour y arriver.

En cuisine je ferais la mise en place des ingrédients avant tout.  Même processus ici, fabrication du médium et de la peinture encaustique, de la rouille, etc.

Je dois aussi faire le choix des outils que j’utiliserai, la plaque chauffante, le chalumeau, le fusil à air chaud ou le fer, chacun a des particularités.  Des lames, des racles, des pinceaux.

La température ambiante aussi influencera le procédé, cire à un certain degré, il en va de même pour les outils parfois froids parfois chauds selon l’effet recherché et c’est pareil pour le support.

La mise en place est terminée il me reste a y mettre ma saveur.